René Berthiaume, Ph. D. (lettres)
Formateur en communication écrite
Président du Centre de perfectionnement en français écrit
vendredi 22 février 2013
Heureux qui, comme Ulysse...
Je vous invite tout de go à trouver les cinq erreurs que j'ai volontairement commises dans le texte suivant, qui parle de voyage, d'évasion et de découverte. Heureuse qui, comme Marie, a fait un beau voyage!
Il y a deux fautes d'orthographe et trois fautes d'accord. Bonne recherche!
Petit coup de main : les noms propres sont bien écrits.
« Au mitan de sa vie, Marie avait la bougeotte et ressentait un besoin impérieux de changer d'air. Elle s'imaginait parfois à la dérive, ballottée sur les flots bleu azur du Pacifique, au large d'un chapelet d'atolls ensoleillés. Elle revint vite sur terre.
Au fond d'elle-même, Marie voulait marcher, non pas se balader çà et là près de son chez soi, mais faire un vrai voyage à pied. Elle choisit comme destination le sud-ouest de la France. C'était à son tour d'admirer les châteaux cathares et les fresques polychromes de Lascaux.
Dès les premiers pas sur les chemins parfois cahoteux mais jamais impratiquables du Périgord, Marie s'est sentie renaître. Les forteresses médiévales, les falaises ocres, les cavernes où les hommes de Cro-Magnon avaient peint des animaux géants tel le mammouth, tout cela la fascinait.
Un jour, elle découvrit chez un antiquaire un bric-à-brac fabuleux. Des planisphères jaunis et des glaces sans tain étaient disposées à côté de meubles décrépits. Des objets hétéroclites, elle en avait déjà vu, mais jamais en si grande quantité.
Un jour de canicule où l'asphalte des routes carrossables était ramolli par la chaleur, Marie ne put échapper à l'érythème solaire. Elle se consola le soir en faisant bonne chère. Au menu : omelette aux cèpes, pommes de terre sautées à la graisse d'oie et aillées, reines-claudes et confiture de coings. Il va sans dire que le tout fut arrosé d'un grand cru.
Une fois regagnées ses pénates, Marie, les yeux tout pétillants et les joues vermeilles, n'avait qu'une seule envie : planifier sa prochaine évasion. « On n'a qu'une vie à vivre », se dit-elle dans son for intérieur. »
mardi 12 février 2013
Le pape Benoît XVI démissionne
Benoît XVI a-t-il renoncé au pontificat pour raisons de santé? C'est du moins le motif qu'il... évoque ou invoque?
Évoquer et invoquer sont deux paronymes, c'est-à-dire des mots qui se prononcent presque de la même manière et qui ont des sens différents.
Le sens le plus courant du verbe évoquer est « rappeler à la mémoire ». Il vous arrive sûrement d'évoquer, de vous remémorer des souvenirs, n'est-ce pas? À ce propos, je trouve bien jolie cette citation de Baudelaire : « Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses. »
L'une des significations du verbe invoquer est « faire appel à quelque chose pour se justifier ». Benoit XVI a donc invoqué des raisons de santé, il ne les a pas évoquées. Dans cinq ans, il évoquera peut-être les circonstances de sa démission!
Dans un autre contexte, on invoque des arguments à l'appui d'une thèse, on ne les évoque pas.
Voici d'autres paronymes qui donnent du fil à retordre. Amusez-vous!
mercredi 30 janvier 2013
La marmotte hiberne ou hiverne?
En septembre dernier, je vous ai parlé des homophones lexicaux, c'est-à-dire des mots qui se prononcent de la même manière, mais qui ont une orthographe et une signification distinctes : voie et voix, repère et repaire, sensé et censé, etc.
Il est temps que je vous présente leurs petits cousins, les paronymes, c'est-à-dire les mots qui se prononcent presque de la même manière et qui ont des sens différents : éruption et irruption, éminent et imminent, etc.
Par exemple, les marmottes passent-elles chaque année six mois à hiberner ou à hiverner?
Hiberner, c'est passer l'hiver dans un état d'engourdissement, de profonde léthargie : les marmottes, les ours, les loirs gris hibernent.
Hiverner, c'est passer l'hiver à l'abri. Certains navires hivernent dans le port de Montréal. Les canards plongeurs des zones arctiques, tel le garrot à oeil d'or, hivernent dans les pays chauds... sans être en état d'hibernation.
C'est l'heure du jeu-questionnaire! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.
mercredi 9 janvier 2013
In vino veritas
Vous rappelez-vous l'exercice de révision du 19 décembre dernier? Deux personnes ont obtenu une note parfaite (10 sur 10). Il s'agit de Jean-Guy Villeneuve, enseignant en français langue seconde (secteur adultes) à la Commission scolaire de Montréal, et d'Isabelle Plante, qui travaille à l'Union des producteurs agricoles. Félicitations à Jean-Guy et Isabelle!
Venons-en au sujet de ce premier billet de 2013 : le vocabulaire du vin, qui est d'une richesse inouïe.
Pendant les fêtes, vous avez peut-être dégusté de grands crus. Ces vins étaient-ils capiteux, charnus, gouleyants, longs en bouche, moelleux, tanniques ou bien ronds en bouche? La liste de qualificatifs pourrait s'allonger indéfiniment. Il en va de même pour les arômes du vin. Préférez-vous les arômes floraux, fruités ou épicés?
Savez-vous ce qui distingue un tonneau et une barrique? Une barrique est un fût de 225 litres. Un tonneau contient quatre fois plus, soit 900 litres. C'est fou tout ce que l'on découvre sur le site Internet des vignobles de la Loire : www.loire-france.com.
Autre distinction intéressante : le cep et le sarment. Le cep, c'est le pied de vigne âgé de plus d'un an, alors que le sarment, c'est le nouveau bois, le bois de l'année.
Enfin, j'aime bien cette citation de Jean Clavel : « Le vin est un lubrifiant social. » Combien de problèmes sociaux, politiques ou économiques se sont réglés avec le « concours » d'une bonne bouteille?
À vos claviers! C'est l'heure du jeu-questionnaire. Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.
mercredi 19 décembre 2012
En forme pour une révision?
J'en suis déjà à mon vingt et unième billet. L'entreprise commencée le 11 mai 2012 se poursuivra longtemps, je vous le promets! Vous n'avez pas fini de recevoir mes billets linguistiques, accompagnés de jeux-questionnaires. N'est-ce pas une belle façon de maintenir le contact?
À l'approche du temps des fêtes, il me semble que le moment est bien choisi pour une révision du contenu des vingt premiers billets. Repassez votre matière et répondez aux dix questions suivantes. Je m'engage à dévoiler les noms des personnes qui ne commettront aucune erreur.
Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.
mercredi 5 décembre 2012
Autobus plein ou pleine?
Pour savoir si un mot est masculin ou féminin, on peut ajouter avant ou après ce mot un adjectif ou un pronom possessif. Ça fonctionne au moins une fois sur deux!
Par exemple, l'incendie qui a ravagé la fin de semaine dernière un commerce de livraison de mazout dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve a été destructeur (et non destructrice). Incendie est un nom masculin.
Votre opinion est meilleure que la mienne (et non que le mien). Opinion est un nom féminin.
Le cerveau contient deux hémisphères : le gauche et le droit (et non la droite). Hémisphère est un nom masculin.
Le dernier hiver n'a pas été rigoureux (et non rigoureuse). Hiver est un nom masculin. Oubliez la belle hiver et profitez du bel hiver!
Cela dit, combien de personnes croient dur comme fer que l'autobus est pleine alors qu'il est plein? Autobus, autocar, tramway et trolleybus sont tous des noms masculins.
Attention au mot espace, qui est masculin (un espace vacant)... sauf en typographie : une espace fine.
Compliqué, tout cela? Consolez-vous à l'idée qu'en allemand, il existe trois genres : le masculin, le féminin et le neutre!
À vous de jouer! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.
mardi 20 novembre 2012
Le français, langue unique en son... genre
Est-il vrai que le nom masculin amour devient féminin au pluriel?
Au singulier, amour est masculin : un grand amour. Au pluriel, c'est un peu compliqué. Voyons ce que dit la Banque de dépannage linguistique de l'Office de la langue française :
« Au pluriel, amour, en règle générale, est aussi masculin. Le féminin reste toutefois vivant dans la langue soutenue et littéraire au sens de passion ou de sentiment amoureux. »
Quelle différence entre les amours fous et les folles amours? Une simple affaire de niveau de langue. Pour ma part, il me semble que les amours sont plus intenses quand elles sont folles!
Il n'est pas toujours facile de déterminer si un mot est masculin ou féminin. Voulez-vous des règles? Les noms qui se terminent en -oir sont masculins : accoudoir, couloir, perchoir, etc. Aucune exception!
Les noms qui se terminent en -sion sont féminins : admission, excursion, profession. Il en va de même pour ceux qui se terminent en -tion (action, génération, plantation), mais il y a une exception : bastion!
Masculin ou féminin? Vous voulez un petit truc qui vous aidera à vérifier le genre d'un nom? La réponse dans mon prochain billet. Pour l'instant, je vous invite à jouer le jeu!
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