René Berthiaume, Ph. D. (lettres)
Formateur en communication écrite
Président du Centre de perfectionnement en français écrit

jeudi 19 février 2015

Les si mangent-ils toujours les -rais?



Me voici de retour après une longue parenthèse. Je vous invite à découvrir de nouvelles subtilités de la langue française et à mettre vos connaissances à l'épreuve. Laissez-vous tenter par les différents jeux-questionnaires. C'est reparti!

Vous avez sûrement déjà entendu cette petite phrase célèbre : « Les si n'aiment pas les -rais. » Autre version  imagée : « Les poissons-scies n'aiment pas les raies. » Bon, d'accord, pas de conditionnel après si, mais y a-t-il des exceptions? Les si aiment-ils parfois les -rais?

Il est vrai que dans la phrase hypothétique, le verbe de la subordonnée introduite par si n'est jamais au conditionnel. Voici une petite phrase qui écorchera sans doute vos oreilles : « Si j'aurais su, je ne serais pas venu. » Dans cette phrase, la conjonction si exprime une condition. Il fallait évidemment écrire : « Si j'avais su, je ne serais pas venu. »

La conjonction si n'exprime pas toujours une condition. Elle peut parfois introduire une interrogation indirecte… et être suivie d'un verbe au conditionnel sans choquer qui que ce soit. Exemple : « Pierre aimerait savoir si vous accepteriez son invitation. » Dans cette phrase, les si aiment bien les -rais! Si la question était posée directement, on emploierait également le conditionnel :

Pierre aimerait savoir : « Accepteriez-vous mon invitation? »

Il faut donc se méfier des idées toutes faites. Les si aiment bien les -rais quand on a affaire à une interrogation indirecte.

À vous de jouer! Selon vous, les cinq énoncés suivants sont-ils vrais ou faux? Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mercredi 15 janvier 2014

Aucun frais ou aucuns frais?



« Je te dis que l'adjectif aucun prend la marque du pluriel dans aucuns frais de livraison.

- Voyons, ça n'a pas de sens. Il n'y a pas de frais. Zéro frais! Pourquoi diable aucun frais s'écrirait-il aucuns frais? »

Voilà un problème d'accord qui fait les frais de bien des discussions. Pour y voir clair, ouvrez votre Français au bureau, pages 298 et 299 :

« L'adjectif indéfini aucun s'emploie principalement au singulier. Il se met cependant au pluriel avec les noms qui sont toujours au pluriel. […] Aucun se met aussi au pluriel devant un nom qui a un singulier, mais qui est employé dans un contexte où il ne peut être qu'au pluriel. »

C'est ainsi qu'il n'y a aucunes archives à classer. Archives est toujours au pluriel.

On peut prendre le frais à la campagne ou mettre quelqu'un au frais (en prison), mais attention! Dans le vocabulaire financier, frais est toujours au pluriel. On paye des frais, jamais un frais.

Quand ciseau est écrit au singulier, il sert à travailler le bois, le fer ou la pierre.

Quand ciseaux est écrit au pluriel, il s'agit de l'instrument à deux branches mobiles.

Le menuisier ou le sculpteur travaille au ciseau. En revanche, il m'arrive de couper le persil avec des ciseaux.

À vous de jouer! Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

Ah! j'oubliais. Bonne année à tous?

mercredi 13 novembre 2013

Courir pour mieux vivre



Aimez-vous bouger? Si tel est le cas, prenez quelques minutes et lisez le texte suivant, que j'ai écrit à l'intention des membres de la Fédération des secrétaires professionnelles du Québec. À titre de conférencier, j'étais présent au vingt-septième congrès de la FSPQ (25 au 27 octobre dernier). Le texte que vous allez lire est celui d'une dictée que j'ai lue le samedi 26 octobre devant plus de deux cents participantes... soucieuses d'éviter les pièges!

Certains d'entre vous me feront remarquer que le verbe tataouiner n'est pas français et que le mot farniente est féminin. Tataouiner est dans le Petit Robert et farniente est un mot masculin, je vous l'assure!

Je vous invite à répondre aux dix questions. Comme d'habitude, vous pourrez prendre connaissance du corrigé et des explications après avoir cliqué sur Envoyer.

Courir pour mieux vivre

« Marie ne s'est jamais (demandé/demandée) voir la question 1 ci-dessous pourquoi elle courait une demi-heure chaque matin, même à demi réveillée. Elle était mue par un besoin viscéral de tonifier ses muscles avant même d'avaler son jus d'orange et ses rôties nappées de gelée de pomme. Bref, elle ne tataouinait pas au chant du coq, il fallait qu'elle (coure/court) voir la question 2 ci-dessous, peu importe la distance.

Disons-le sans ambages, la pétulante Marie était rebelle à l'ankylose et au farniente. Adolescente, elle s'était fracturé le (péroné/péronée) voir la question 3 ci-dessous en jouant au volley-ball. Elle s'était alors convaincue que les os et les muscles devaient travailler pour rester sains.

Si Marie aimait tant l'activité physique, ce n'était pas en raison des gènes qu'elle avait (hérité/hérités) voir la question 4 ci-dessous de ses parents. Ceux-ci étaient plutôt sédentaires, voire pantouflards. En revanche, Marie avait ouï dire que sa grand-mère Iphigénie était pour ainsi dire un (clone/clône) voir la question 5 ci-dessous d'Alexis le Trotteur. En plus de courir comme une gazelle, elle pouvait danser toute une nuit la bastringue ou la polka sans se sentir (harassée/harrassée) voir la question 6 ci-dessous.

La cinquantaine passée, Marie voit toujours dans la course une véritable panacée. N'allez pas lui parler de maladies (telle/telles) voir la question 7 ci-dessous l'athérosclérose. Malgré ses poplités parfois endoloris, elle entretient son corps avec une régularité exemplaire. Ses artères sont aussi dégagées que les rues de (New York/New-York) voir la question 8 ci-dessous le dimanche matin et ses cheveux coupés (court/courts) voir la question 9 ci-dessous lui donnent des airs de décathlonienne.

À titre de (héros/héraut) voir la question 10 ci-dessous de Marie, permettez-moi de vous transmettre le conseil suivant : le matin, au réveil, faites un pied de nez au stress avant de revêtir votre tailleur pied-de-poule. Courez une demi-heure sans galoper et oxygénez vos neurones. Vous vous sentirez mieux et vous mettrez aux abois les compagnies pharmaceutiques. »


jeudi 10 octobre 2013

Voyez à vos intérêts



Je tiens tout d'abord à remercier Laurent Fréchette, notaire de Montréal, qui a eu la gentillesse de me suggérer le sujet de cette semaine. J'ose espérer que ce sujet d'actualité suscitera votre… intérêt.

C'est justement du mot intérêt qu'il sera question aujourd'hui.

Quand vous vous servez d'une brosse à dents, vous ne vous demandez pas si le mot dents prend ou non la marque du pluriel, à moins que vous n'ayez qu'une dent!

Il en va de même pour les banques de données, les échanges de vues, les patins à roulettes, les toits de bardeaux, les battements de mains, etc. Dans tous ces cas, le pluriel s'impose.

Les choses se compliquent quand il est question des taux d'intérêt, des centres d'intérêt (ou des champs d'intérêt) et des conflits d'intérêts.

Depuis quelque temps, les régimes de retraite prennent du mieux en raison de la hausse des taux d'intérêt à long terme.

Pourquoi taux d'intérêt et non taux d'intérêts? Tout simplement parce que l'intérêt représente ici le loyer de l'argent (et non les loyers de l'argent).

Par ailleurs, les voyages et la lecture comptent parmi mes centres d'intérêt ou, si vous préférez, mes champs d'intérêt, c'est-à-dire les domaines qui m'intéressent, qui suscitent mon intérêt.

Dernier exemple tout à fait d'actualité : afin de purger sa peine d'un an de prison pour fraude fiscale, Silvio Berlusconi, l'homme des conflits d'intérêts (au pluriel), pourrait se consacrer à des travaux d'intérêt général (au singulier) tel l'effacement des graffitis…

À votre tour de vous demander si le complément du nom s'écrit au singulier ou au pluriel dans les dix cas suivants. Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mercredi 2 octobre 2013

Ostentatoire?



En lisant le projet de charte des valeurs québécoises, quelle ne fut pas ma surprise de constater que les expressions « signes religieux facilement visibles » et « signes religieux ostentatoires » étaient employées comme synonymes!

Voici la définition que donne le Petit Robert du mot ostentation : « Mise en valeur excessive et indiscrète d'un avantage. »

Quand on montre quelque chose avec ostentation ou de façon ostentatoire, on veut bien entendu que la chose soit facilement visible, mais on fait également montre de vanité, d'orgueil. Autrement dit, on veut épater la galerie!

Quand mon voisin se promène avec sa Mercedes de façon ostentatoire, il se pavane, il cherche à se faire remarquer.

On trouve une autre définition fort intéressante du mot ostentation dans le Trésor de la langue française : « Attitude, caractère de celui qui cherche à tout prix à attirer l'attention sur lui-même, sur un trait de sa personne, sur sa situation sociale avantageuse. »

Quand une musulmane porte le hijab ou quand un sikh (oui oui, un sikh et non un Sikh) se promène avec son kirpan, est-ce qu'ils cherchent à tout prix à attirer l'attention, est-ce qu'ils veulent épater la galerie? Pas du tout.

Il faut donc se méfier des associations de sens hâtives.

En France, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit dans les écoles, les collèges et les lycées publics.

Les auteurs du projet de charte des valeurs québécoises ont tout simplement repris le terme qui se trouve dans la loi adoptée en France.

Je propose que l'on bannisse le mot ostentatoire dans le débat actuel sur les valeurs québécoises. Il serait tellement plus simple de parler de signes religieux facilement visibles. Voilà une expression qui n'a rien de péjoratif.

Je profite de l'occasion pour vous proposer un exercice sur dix autres adjectifs qui se terminent en -toire.

Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.



mardi 17 septembre 2013

Le noyau dur de la langue



C'est la rentrée! C'est reparti pour une nouvelle année! J'espère que vous trouverez le temps de lire mes billets et que vous vous laisserez tenter par les différents jeux-questionnaires.

Vous êtes-vous déjà demandé quel aspect de notre langue est le moins susceptible de se transformer au fil des siècles? Qu'est-ce qui dure le plus longtemps? Le vocabulaire? L'orthographe? La syntaxe?

Avant de répondre, lisez l'extrait suivant de l'Encyclopédie méthodique de Jean-Nicolas Démeunier, qui date de 1784. Cherchez les éléments du texte qui vous paraissent vieillots, anachroniques :

« Avant la découverte du Canada, les forêts qui le couvroient, n'étoient, pour ainsi dire, qu'un vaste repaire de bêtes fauves. Elles s'y étoient prodigieusement multipliées, parce que le peu d'hommes qui couroient dans ces déserts, sans troupeaux & sans animaux domestiques, laissoient plus d'espace & de nourriture aux espèces errantes & libres comme eux. Faute d'arts & de culture, le sauvage se nourrissoit & s'habilloit uniquement aux dépens des bêtes. »

Vous avez sûrement été frappés par deux particularités orthographiques. Premièrement, les terminaisons verbales -ait et -aient s'écrivaient il y a 200 ans -oit et -oient. Ensuite, le symbole &, qu'on nomme habituellement « perluète », remplaçait souvent la conjonction et. De nos jours, cette perluète ne se voit plus que dans les raisons sociales.

L'orthographe a donc évolué depuis 1784. Elle est d'ailleurs encore en pleine mutation!

Analysons maintenant le vocabulaire de notre encyclopédiste Démeunier. Qui oserait de nos jours associer la faune nord-américaine à un « vaste repaire de bêtes fauves »? Au dix-huitième siècle, fauve signifiait surtout « qui tire sur le roux ». Les chevreuils, par exemple, étaient qualifiés de bêtes fauves. Aujourd'hui, un fauve, c'est un félin de grande taille.

Prenons maintenant le mot sauvages. Je serais bien malvenu de qualifier les peuples autochtones du Canada de sauvages. L'appellation était pourtant courante au dix-huitième siècle, et elle n'avait pas de caractère péjoratif. Les sauvages (mot issu du latin silva : « forêt »), c'étaient des hommes et des femmes qui vivaient, ou bien de l'agriculture, ou bien du produit de la chasse.

L'aspect de la langue qui n'a pour ainsi dire pas bougé depuis deux siècles, c'est la syntaxe, c'est-à-dire « les règles qui président à l'ordre des mots et à la construction des phrases » (Petit Robert). On pourrait comparer la syntaxe à un édifice assez solide pour résister aux pires secousses sismiques.

Si on prend des libertés avec la syntaxe, on attaque la structure même de la langue.

Chaque langue a une syntaxe qui lui est propre. C'est son noyau dur. Par exemple, il est inadmissible de dire : « Je veux avec vous vivre. » On ne peut bouleverser à sa guise l'ordre des mots.

À vous de jouer! Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mercredi 5 juin 2013

Tel était Guillaume Tell



Me voici de retour après quelques semaines de travail intensif et beaucoup de déplacements en région pour donner des formations. Cette semaine, je souffle un peu et c'est avec plaisir que je reprends l'écriture de mes billets.

Vous l'avez deviné, le présent billet porte sur l'adjectif tel. Faut-il l'accorder avec le nom qui précède ou le nom qui suit?

Je vous invite à lire les deux phrases suivantes, que j'ai trouvées dans le Multidictionnaire de la langue française :

« Le projet a été évalué selon de nombreux critères telles la rentabilité, la qualité de la recherche et la pertinence des objectifs. »

« Le projet a été évalué selon de nombreux critères tels que la rentabilité, la qualité de la recherche et la pertinence des objectifs. »

Lorsque tel n'est pas suivi de que, il s'accorde avec le ou les noms qui le suivent :

« Une personne tel François serait le candidat idéal. »

Lorsque tel est suivi de que, il s'accorde avec le nom qui le précède :

« Des personnes telles que Pierre et François seraient les candidats idéaux. »

Tel que est habituellement suivi d'un nom ou d'une énumération. Dans certains cas, il est suivi d'une proposition. Tel s'accorde alors avec le nom auquel il se rapporte :

« Telles qu'elles ont été rédigées, ces notes sont parfaitement claires. »

Dans cette phrase, tel que est suivi d'une proposition et s'accorde avec notes.

Remarque importante : on peut faire suivre tel que d'un participe passé à condition que tel se rapporte à un nom ou à un pronom bien déterminé :

« La ville, telle que décrite dans les guides touristiques, semble intéressante. »

Comparez avec la phrase suivante :

« Tel que convenu, l'acte de vente sera signé le 20 août. »

Dans cette dernière phrase, tel ne se rapporte à aucun nom ou pronom. Il fallait écrire :

« Comme convenu, l'acte de vente sera signé le 20 août. »

À vous de jouer! Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

jeudi 18 avril 2013

Le participe passé sans auxiliaire



N'allez pas croire que je vais vous assommer d'un seul coup avec toutes les règles : participe passé avec avoir, avec être, etc. Allons-y étape par étape.

Aujourd'hui, un seul sujet : l'accord du participe passé sans auxiliaire.

Employé seul, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, comme s'il s'agissait d'un adjectif : « Poussés par le désir de vaincre, les concurrents se surpassèrent. » Le participe passé poussés s'accorde avec le nom concurrents.

Bien entendu, il existe des cas particuliers : y compris, non compris, excepté, passé et vu peuvent être employés comme prépositions. Ils sont alors placés devant un nom ou un pronom et demeurent invariables : « Tous les commerces seront fermés, excepté les établissements bancaires. » Le participe passé excepté est ici synonyme de la préposition sauf.

Quand ces cinq participes passés sont placés après un nom ou un pronom, il deviennent adjectifs et s'accordent : « Les établissements bancaires exceptés, tous les commerces seront fermés. » Dans cette phrase, on ne peut remplacer le participe passé exceptés par la préposition sauf.

À vous de jouer! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

jeudi 11 avril 2013

Un tout nouveau dictionnaire

Quand vous cherchez le mot gibelotte dans le Petit Robert, voici la seule définition que vous trouvez :  « Fricassée au vin blanc. » Exemple : gibelotte de lapin. En avez-vous déjà mangé? Moi pas.

Dans le tout nouveau dictionnaire Usito (www.usito.com), entièrement conçu et réalisé au Québec, on trouve pas moins de trois définitions du mot gibelotte. La première est semblable à celle du Petit Robert. La deuxième est conforme à un certain usage québécois : « Mets à base de poissons et de légumes cuits dans un bouillon aromatisé. » Exemple : la gibelotte des îles de Sorel. Voici la troisième définition, conforme à l'usage québécois le plus répandu : « Mets, mélange sans consistance, généralement peu appétissant. »

Si vous apostrophez un restaurateur parisien en lui disant que son boeuf bourguignon, c'est de la gibelotte, croyez-vous qu'il saisira le message!

Vous chercherez en vain le mot cipaille (ou cipâte, six-pâtes) dans le Petit Robert. Vous le trouverez dans Usito : « Paté composé de plusieurs couches de viandes mélangées à des pommes de terre en morceaux, pouvant être séparées d'une abaisse. » Hum! ça donne l'eau à la bouche!

On trouve parfois des choses étonnantes dans Usito. Saviez-vous que le mot bobettes est toujours pluriel? On met ses bobettes et non sa bobette.

N'allez pas croire qu'Usito est un dictionnaire de québécismes. Il s'agit d'une « description ouverte de la langue française, qui reflète la réalité québécoise, canadienne et nord-américaine tout en créant des ponts avec le reste de la francophonie ». Le dictionnaire comprend 100 000 emplois, dont 10 000 propres au Québec. Chapeau aux auteurs!

Enfin, vous trouverez dans Usito une intéressante liste de proverbes, pas nécessairement québécois. C'est d'ailleurs le sujet du jeu-questionnaire de cette semaine. Remplissez les blancs! Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mercredi 27 mars 2013

Avez-vous du pep?

Vous avez été très nombreux (une centaine de personnes) à répondre aux cinq questions du dernier pot-pourri. Vous m'en voyez ravi!

Je ne crois pas me tromper en disant qu'un second pot-pourri serait apprécié. Le voici!

La première question porte sur le mot pep, qui est dans le Petit Robert. Connaissez-vous l'étymologie de ce mot?

Mon prochain billet portera sur le tout nouveau dictionnaire Usito, « une description ouverte de la langue française, qui reflète la réalité québécoise, canadienne et nord-américaine, tout en créant des ponts avec le reste de la francophonie ».

Ce nouveau dictionnaire a été réalisé sous la direction de quatre professeurs de l'Université de Sherbrooke. Prenez le temps d'y jeter un coup d'oeil : www.usito.com.

À vous de jouer! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

vendredi 8 mars 2013

Pot-pourri

Vous connaissez tous les pots-pourris musicaux, les pots-pourris de textes littéraires... ou les pots-pourris de fleurs séchées, d'aliments divers, etc. Avez-vous déjà entendu parler d'un pot-pourri de capsules linguistiques? Je vous en propose un aujourd'hui.

Vous vous demandez peut-être pourquoi on appelle « pot-pourri » un mélange de choses hétéroclites. La réponse est dans le site Internet Expressio : « Le mot apparaît chez Rabelais en 1564. Il y désigne un ragoût, comprenant plusieurs sortes de viandes et de légumes mélangés. On comprend bien la présence de « pot », puisque le mot désignait déjà ce grand récipient suspendu dans la cheminée [...]. Mais pourquoi « pourri »? Cela vient simplement du fait qu'au seizième siècle, étaient « pourris » les aliments très ramollis et éclatés à la suite d'un excès de cuisson [...]. » 

Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

vendredi 22 février 2013

Heureux qui, comme Ulysse...



Je vous invite tout de go à trouver les cinq erreurs que j'ai volontairement commises dans le texte suivant, qui parle de voyage, d'évasion et de découverte. Heureuse qui, comme Marie, a fait un beau voyage!

Il y a deux fautes d'orthographe et trois fautes d'accord. Bonne recherche!

Petit coup de main : les noms propres sont bien écrits.

« Au mitan de sa vie, Marie avait la bougeotte et ressentait un besoin impérieux de changer d'air. Elle s'imaginait parfois à la dérive, ballottée sur les flots bleu azur du Pacifique, au large d'un chapelet d'atolls ensoleillés. Elle revint vite sur terre.

Au fond d'elle-même, Marie voulait marcher, non pas se balader çà et là près de son chez soi, mais faire un vrai voyage à pied. Elle choisit comme destination le sud-ouest  de la France. C'était à son tour d'admirer les châteaux cathares et les fresques polychromes de Lascaux.

Dès les premiers pas sur les chemins parfois cahoteux mais jamais impratiquables du Périgord, Marie s'est sentie renaître. Les forteresses médiévales, les falaises ocres, les cavernes où les hommes de Cro-Magnon avaient peint des animaux géants tel le mammouth, tout cela la fascinait.

Un jour, elle découvrit chez un antiquaire un bric-à-brac fabuleux. Des planisphères jaunis et des glaces sans tain étaient disposées à côté de meubles décrépits. Des objets hétéroclites, elle en avait déjà vu, mais jamais en si grande quantité.

Un jour de canicule où l'asphalte des routes carrossables était ramolli par la chaleur, Marie ne put échapper à l'érythème solaire. Elle se consola le soir en faisant bonne chère. Au menu : omelette aux cèpes, pommes de terre sautées à la graisse d'oie et aillées, reines-claudes et confiture de coings. Il va sans dire que le tout fut arrosé d'un grand cru.

Une fois regagnées ses pénates, Marie, les yeux tout pétillants et les joues vermeilles, n'avait qu'une seule envie : planifier sa prochaine évasion. « On n'a qu'une vie à vivre », se dit-elle dans son for intérieur. »

mardi 12 février 2013

Le pape Benoît XVI démissionne



Benoît XVI a-t-il renoncé au pontificat pour raisons de santé? C'est du moins le motif qu'il... évoque ou invoque?

Évoquer et invoquer sont deux paronymes, c'est-à-dire des mots qui se prononcent presque de la même manière et qui ont des sens différents.

Le sens le plus courant du verbe évoquer est « rappeler à la mémoire ». Il vous arrive sûrement d'évoquer, de vous remémorer des souvenirs, n'est-ce pas? À ce propos, je trouve bien jolie cette citation de Baudelaire : « Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses. »

L'une des significations du verbe invoquer est « faire appel à quelque chose pour se justifier ». Benoit XVI a donc invoqué des raisons de santé, il ne les a pas évoquées. Dans cinq ans, il évoquera peut-être les circonstances de sa démission!

Dans un autre contexte, on invoque des arguments à l'appui d'une thèse, on ne les évoque pas.

Voici d'autres paronymes qui donnent du fil à retordre. Amusez-vous!



mercredi 30 janvier 2013

La marmotte hiberne ou hiverne?




En septembre dernier, je vous ai parlé des homophones lexicaux, c'est-à-dire des mots qui se prononcent de la même manière, mais qui ont une orthographe et une signification distinctes : voie et voix, repère et repaire, sensé et censé, etc.

Il est temps que je vous présente leurs petits cousins, les paronymes, c'est-à-dire les mots qui se prononcent presque de la même manière et qui ont des sens différents : éruption et irruption, éminent et imminent, etc.

Par exemple, les marmottes passent-elles chaque année six mois à hiberner ou à hiverner

Hiberner, c'est passer l'hiver dans un état d'engourdissement, de profonde léthargie : les marmottes, les ours, les loirs gris hibernent.

Hiverner, c'est passer l'hiver à l'abri. Certains navires hivernent dans le port de Montréal. Les canards plongeurs des zones arctiques, tel le garrot à oeil d'or, hivernent dans les pays chauds... sans être en état d'hibernation.

C'est l'heure du jeu-questionnaire! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.


mercredi 9 janvier 2013

In vino veritas



Vous rappelez-vous l'exercice de révision du 19 décembre dernier? Deux personnes ont obtenu une note parfaite (10 sur 10). Il s'agit de Jean-Guy Villeneuve, enseignant en français langue seconde (secteur adultes) à la Commission scolaire de Montréal, et d'Isabelle Plante, qui travaille à l'Union des producteurs agricoles. Félicitations à Jean-Guy et Isabelle!

Venons-en au sujet de ce premier billet de 2013 : le vocabulaire du vin, qui est d'une richesse inouïe.


Pendant les fêtes, vous avez peut-être dégusté de grands crus. Ces vins étaient-ils capiteux, charnus, gouleyants, longs en bouche, moelleux, tanniques ou bien ronds en bouche? La liste de qualificatifs pourrait s'allonger indéfiniment. Il en va de même pour les arômes du vin. Préférez-vous les arômes floraux, fruités ou épicés?


Savez-vous ce qui distingue un tonneau et une barrique? Une barrique est un fût de 225 litres. Un tonneau contient quatre fois plus, soit 900 litres. C'est fou tout ce que l'on découvre sur le site Internet des vignobles de la Loire : www.loire-france.com.


Autre distinction intéressante : le cep et le sarment. Le cep, c'est le pied de vigne âgé de plus d'un an, alors que le sarment, c'est le nouveau bois, le bois de l'année.


Enfin, j'aime bien cette citation de Jean Clavel : « Le vin est un lubrifiant social. » Combien de problèmes sociaux, politiques ou économiques se sont réglés avec le « concours » d'une bonne bouteille?


À vos claviers! C'est l'heure du jeu-questionnaire. Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer. 


mercredi 19 décembre 2012

En forme pour une révision?



J'en suis déjà à mon vingt et unième billet. L'entreprise commencée le 11 mai 2012 se poursuivra longtemps, je vous le promets! Vous n'avez pas fini de recevoir mes billets linguistiques, accompagnés de jeux-questionnaires. N'est-ce pas une belle façon de maintenir le contact?

À l'approche du temps des fêtes, il me semble que le moment est bien choisi pour une révision du contenu des vingt premiers billets. Repassez votre matière et répondez aux dix questions suivantes. Je m'engage à dévoiler les noms des personnes qui ne commettront aucune erreur.

Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mercredi 5 décembre 2012

Autobus plein ou pleine?



Pour savoir si un mot est masculin ou féminin, on peut ajouter avant ou après ce mot un adjectif ou un pronom possessif. Ça fonctionne au moins une fois sur deux!

Par exemple, l'incendie qui a ravagé la fin de semaine dernière un commerce de livraison de mazout dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve a été destructeur (et non destructrice). Incendie est un nom masculin.

Votre opinion est meilleure que la mienne (et non que le mien). Opinion est un nom féminin.

Le cerveau contient deux hémisphères : le gauche et le droit (et non la droite). Hémisphère est un nom masculin.

Le dernier hiver n'a pas été rigoureux (et non rigoureuse). Hiver est un nom masculin. Oubliez la belle hiver et profitez du bel hiver!

Cela dit, combien de personnes croient dur comme fer que l'autobus est pleine alors qu'il est plein? Autobus, autocar, tramway et trolleybus sont tous des noms masculins.

Attention au mot espace, qui est masculin (un espace vacant)... sauf en typographie : une espace fine.

Compliqué, tout cela? Consolez-vous à l'idée qu'en allemand, il existe trois genres : le masculin, le féminin et le neutre!

À vous de jouer! Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

mardi 20 novembre 2012

Le français, langue unique en son... genre



Est-il vrai que le nom masculin amour devient féminin au pluriel?

Au singulier, amour est masculin : un grand amour. Au pluriel, c'est un peu compliqué. Voyons ce que dit la Banque de dépannage linguistique de l'Office de la langue française :

« Au pluriel, amour, en règle générale, est aussi masculin. Le féminin reste toutefois vivant dans la langue soutenue et littéraire au sens de passion ou de sentiment amoureux. »

Quelle différence entre les amours fous et les folles amours? Une simple affaire de niveau de langue. Pour ma part, il me semble que les amours sont plus intenses quand elles sont folles!

Il n'est pas toujours facile de déterminer si un mot est masculin ou féminin. Voulez-vous des règles? Les noms qui se terminent en -oir sont masculins : accoudoir, couloir, perchoir, etc. Aucune exception!

Les noms qui se terminent en -sion sont féminins : admission, excursion, profession. Il en va de même pour ceux qui se terminent en -tion (action, génération, plantation), mais il y a une exception : bastion!

Masculin ou féminin? Vous voulez un petit truc qui vous aidera à vérifier le genre d'un nom? La réponse dans mon prochain billet. Pour l'instant, je vous invite à jouer le jeu!



mardi 13 novembre 2012

Barack Obama réélu



Au lendemain de la victoire de Barack Obama, plusieurs chefs d'État l'ont-ils félicité de sa réélection? L'ont-ils plutôt félicité pour sa réélection? Les deux réponses sont correctes! Même chose pour le verbe remercier : Barack Obama a remercié les bénévoles de (ou bien pour) leur travail acharné.

Dans bien des cas, le choix de la préposition obéit à une logique rigoureuse, voire imparable. On plonge dans l'eau. un souvenir est gravé dans la mémoire, on lutte pour la liberté mais contre l'injustice, etc.

Cela dit, pourquoi diable une maison est-elle située dans la rue St-Denis alors que telle autre maison est située sur le boulevard Henri-Bourassa? Une rue est-elle plus encaissée qu'un boulevard? Bel exemple de bizarrerie syntaxique.

Pourquoi se souvient-on de quelque chose ou de quelqu'un alors qu'on se rappelle quelque chose ou quelqu'un? Par exemple, je me rappelle très bien mes professeurs de linguistique (et non de mes professeurs de linguistique). Les grammairiens vous diront que rappeler est dérivé du verbe appeler, qui est dans la plupart des cas transitif direct.

Par ailleurs, je trouve logique qu'on soit assis sur une chaise mais dans un fauteuil. Avez-vous déjà essayé de vous caler dans une chaise?

En forme pour un autre jeu-questionnaire? Comme d'habitude, vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.

vendredi 2 novembre 2012

Crise à l'hôtel de ville de Montréal



Récemment, le maire Gérald Tremblay était excédé par les questions des journalistes portant sur les révélations faites par certains témoins devant la commission Charbonneau.

Le maire Tremblay était-il furieux contre ou après les journalistes? Il avait peut-être envie de crier après eux (ou contre eux), mais il était furieux contre eux.

Quelle préposition utiliser après un adjectif ou un verbe? Si vous voulez être certain de votre choix, ne courez pas après votre ami linguiste, courez plutôt chez votre libraire préféré et procurez-vous le merveilleux ouvrage de Françoise Bulman intitulé Le prépositionnaire.

On vit d'amour et d'eau fraîche, mais on vit sur ses économies.

On est féru d'astronomie (et non féru en astronomie). En revanche, on est calé en astronomie.

On compte sur quelqu'un, mais on se fie à quelqu'un.

Existe-t-il des règles dans ce domaine? La réponse dans mon prochain billet.

Envie de vous faire la main? Comme d'habitude, je vous ai préparé un petit jeu-questionnaire. Vous verrez le corrigé après avoir cliqué sur Envoyer.